DIAS DE SANTIAGO

Réalisateur : Josué Mendez
Casting :
Divers : Pérou - 2004 - 1h 25min - VOSTF
Prix : Prix de l'Avenir, remis par un jury d'étudiants en cinéma lors des Rencontres Internationales de Cinéma du Forum des Images à Paris
Santiago Roman, jeune militaire péruvien de 23 ans, a récemment été démobilisé. Fier d'avoir combattu les narcotrafiquants et les terroristes, il retourne à Lima. Contre toute attente, il se heurte alors à une vie urbaine hostile, décadente et chaotique où il n'a plus sa place. Marqué par son entraînement militaire, hanté par ses souvenirs de guerre, l'adaptation à la vie civile est pour lui source de frustrations et de souffrances.
Festivals
En 2004, "Dias de santiago" a décroché, lors des Rencontres Internationales de Cinéma du Forum des Images à Paris, le Prix de l'Avenir, remis par un jury d'étudiants en cinéma. La même année, il a été présenté dans plusieurs festivals, notamment celui de Rotterdam.

La genèse du projet
Josué Mendez se souvient des circonstances dans lesquelles il a eu l'idée de "Dias de Santiago" : "Fin 1998, lors de la signature du traité de paix entre l'Equateur et le Pérou, j'ai vu un reportage sur les vétérans de guerre. J'ai été impressionné par leur jeunesse et les expériences traumatiques qu'ils ont subies en luttant contre l'Equateur et les terroristes du Sentier lumineux. Je me suis tout de suite senti proche de ces gens. J'avais le même âge et même si je n'ai pas fait la guerre, je me suis senti aussi perdu et sans but qu'eux dans Lima. Je venais de terminer mes études à l'université et j'avais le sentiment que les vétérans de guerre pouvaient servir de métaphore pour décrire la ville chaotique et décadente dans laquelle nous vivons."

Les intentions du cinéaste
"Dias de santiago" est un film urbain et intimiste. C'est l'histoire d'un homme, Santiago, qui recherche l'ordre et l'équilibre dans un monde chaotique. Il veut s'adapter à la vie civile et agir pour que les choses aillent mieux pour lui et les autres, mais ses souvenirs de guerre ne le laissent pas en paix. Il a un esprit de militaire, pense que tout est possible si l'on se bat et si l'on impose son sens de l'ordre. Mais la société et les gens avancent à leur propre rythme. Ils ne l'ont pas attendu, ils l'ont même oublié. Dans ce film, je voulais maintenir le spectateur dans la plus grande proximité possible de l'état mental du personnage, de sa paranoïa, de son instabilité, de sa fragilité sociale."

Le réalisateur
Dias de Santiago est le premier long-métrage du Péruvien Josué Mendez. Né en 1976, il étudia le cinéma aux Etats-Unis, travailla comme monteur, et réalisa trois courts-métrages : Solo buenos amigos, Dreams & other adagios et Parelisa. Cinq ans auront été nécessaires à la réalisation de Dias de Santiago. Depuis, Mendez a été sélectionné, pour la session 2004/2005, par la Cinéfondation, structure créée par le Festival de Cannes, et qui accueille et accompagne de jeunes cinéastes dans la conception de leur premier ou deuxième long-métrage.

Le soldat connu
Le personnage principal du film est inspiré d'un vrai soldat, ainsi que le confie le réalisateur : "J'ai parlé avec quelques vétérans et puis je me suis souvenu que nous avions un ami dans la famille qui avait fait partie d'un commando. C'est à cette occasion que j'ai rencontré Santiago, le soldat qui a inspiré le rôle principal de mon film : quelqu'un d'admiré et de respecté pendant la guerre, mais qui, de retour à la vie civile, n'est plus personne. Santiago est resté avec nous pendant tout le film, de l'écriture aux répétitions avec les acteurs et bien sûr pendant le tournage. Bien entendu, d'autres histoires sont venues se greffer sur son parcours personnel, mais Santiago est vraiment le coeur du projet : montrer un individu qui se bat pour retrouver sa dignité perdue."

Guerre et amour (du cinéma)
Josué Mendez revient sur les films qui l'ont inspiré : "Les références directes sont pour l'essentiel reliées aux films post-guerre du Vietnam, notamment Voyage au bout de l'enfer de Cimino, qui montre entre autres les problèmes de communication entre un vétéran de la guerre et ses proches (ce qui n'apparaît pas dans "Taxi driver" ou d'autres films de l'époque). Quant aux deux premiers plans du film, ils s'inspirent de "L'Evangile selon Saint Matthieu" de Pasolini : un homme regarde une femme, une femme regarde un homme. Bien sûr, chez Pasolini, l'enjeu est autrement important -puisque l'homme en question n'est autre que Jésus."

Noir et blanc en couleurs
Le réalisateur explique pourquoi il a choisi de mêler des images en noir et blanc et en couleurs : "C'est un choix narratif que nous voulions utiliser pour dérouter et transmettre l'état de confusion totale dans lequel se trouve le personnage qui n'est jamais certain d'être deretour dans la ville ou dans la guerre. Il mélange les temps et a un esprit perturbé. Il n'appartiendra plus jamais à la même dimension que les autres personnages, les femmes en particulier. C'est pour cela que dans les scènes principales avec les femmes (...) elles sont en couleur et il est en noir et blanc (...) Les rues sont en noir et blanc parce que c'est ainsi que Santiago les voit. La plage et le feu sur la colline -la nature en opposition à la ville- sont en couleur parce que c'est ainsi que le personnage les voit."
L'Humanité
Véritable tableau de la fin de l'insouciance, dépucelage tardif, douloureux et nécessaire, c'est le film d'un observateur malicieux et privilégié, réjouissante réussite du contraire d'un donneur de leçons.

Positif
La caméra de Josué Méndez, vissée à son antihéros comme les Dardenne à Rosetta, (...) dégage une force exceptionnelle. Un premier film choc, tout aussi limpide dans son propos que haletant dans sa forme.

Studio Magazine
Le réalisateur Josué Méndez (28 ans seulement !) brosse un portrait brut et sans concession de son pays. Pietro Sibille, l'interprète principal, au magnétisme rare, suggère parfaitement les conflits intérieurs de son personnage. Sa force évoque celle de De Niro dans Taxi Driver, dont ce long métrage peut aisément se réclamer.

Cahiers du Cinéma
Par une maîtrise et une rigueur impressionnantes pour un premier film, le finale se soustrait (...) aux conventions et à l'idéologie à l'oeuvre chez Scorsese, conférant à Dias de Santiago une indépendance et une droiture rares, seules bases possibles pour l'édification d'un cinéma péruvien.

MCinéma.com
Le réalisateur reconnaît bien volontiers ses influences, même si elles ne font pas pour autant de lui l'égal de Scorsese ou de Cimino. Mais Josué Méndez connaît déjà son métier de cinéaste. Il va même jusqu'à prendre quelques risques. Grâce à une réalisation et à un montage dynamiques, il colle au plus près à son personnage principal, campé par l'excellent Pietro Sibille.
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