MARY

Réalisateur : Abel Ferrara
Casting :
Divers : France / Italie / USA - 2005 - 1h25 - VOSTF
Prix : Lion d'Argent-Grand prix du jury, Mostra de Venise 2005
Mary s'inspire de la mythique Marie Madeleine, disciple de Jésus.
Ce récit évoque trois personnages liés par son esprit et son mystère...
Marie Palesi, actrice, l'incarne pour le cinéma et reste illuminée par ce personnage.
Tony Childress, réalisateur, joue Jésus Christ dans son propre film.
Ted Younger, célèbre journaliste, anime une émission sur la foi.
Entre fascination et quête spirituelle, le destin les réunira...
Foi, Rédemption Et Cinéma

Avec "Mary", Abel Ferrara ajoute une nouvelle pierre à l'édifice d'une filmographie imprégnée de spiritualité. Une pierre d'autant plus précieuse que le cinéaste y traite pour la première fois de front un personnage des Évangiles : Marie-Madeleine.
On retrouve dans "Mary" d'autres préoccupations chères à Abel Ferrara comme l'artiste en perte de repères et la description sans fard des coulisses du cinéma, thèmes qu'il avait déjà abordés dans "Snake Eyes" et "The Blackout".
«J'aime faire des films là-dessus, souligne Abel Ferrara. C'est un genre très risqué mais c'est le sujet que je connais le mieux. Je me demande toujours comment un acteur peut réintégrer une vie normale après avoir fini un film.»
D'où le personnage de Mary, actrice hantée par la figure de Marie-Madeleine après l'avoir incarnée à l'écran. Mary (Juliette Binoche) est au centre d'une trinité également composée de Tony (Matthew Modine), réalisateur du film dans lequel il joue, et interprète le rôle de Jésus, et Ted (Forest Whitaker), présentateur athée d'un programme télévisé sur la religion qui traverse une grave crise personnelle. Deux hommes ambitieux sur lesquels l'évolution de Mary va exercer une influence déterminante.
«Mary décide de se rendre sur les lieux des Évangiles parce que son rôle a touché des choses en elle dont elle n'avait pas conscience, des sentiments qu'elle avait négligés» raconte Juliette Binoche.
À l'instar de son personnage, Juliette Binoche s'est elle-même rendue huit jours à Jérusalem avant le tournage pour s'imprégner de ce rôle qui lui tient particulièrement à cœur:
«Jean-Yves Leloup, qui a traduit les Evangiles de Marie Madeleine et en préparait une adaptation pour le cinéma, m'avait déjà proposé de l'interpréter mais le film ne s'est pas fait. Que ce personnage frappe une nouvelle fois à ma porte ne pouvait pas être qu'une simple coïncidence... Bien que ce soit le point de vue qu'on nous ait enseigné depuis des siècles, Marie Madeleine (Myriam de Magdala) n'a jamais été prostituée, elle a été décrite comme "pécheresse", dans le contexte juif de l'époque. On peut comprendre qu'elle pouvait déranger car elle n'était pas mariée et n'avait pas d'enfants. On dit aussi d'elle que Jésus aurait chassé les 7 démons qui la tourmentaient. En étudiant l'évangile de Marie Madeleine, j'ai été surprise de découvrir sa description de l'âme tourmentée qui traverse les étapes des différents niveaux d'émotions et de consciences. Il est intéressant aussi de lire l'évangile de Philippe afin d'avoir un autre point de vue du témoignage de la vie de Jésus, il est décrit dans le logion 32 : "Ils étaient trois qui marchaient toujours avec l'Enseigneur : Marie, sa mère, la sœur de sa mère, et Myriam de Magdala qui est comme sa compagne car Myriam est pour lui une sœur, une mère et une épouse". C'est un personnage inspirant, il me semblait nécessaire aujourd'hui de participer à un film qui remette le féminin dans une parole universelle, qui n'appartient à aucune religion si ce n'est celle du cœur.»
«Qu'est-ce qu'avoir la foi ? Pourquoi croire ? Qui était Jésus ? Pourquoi tous ces problèmes entre croyants ?... sont autant de questions qu'aborde Mary» ajoute le producteur Fernando Sulichin. Des questions que Ferrara traite avec son sens habituel de la morale en opérant des va-et-vient entre passé et présent, ainsi qu'entre réalité, fiction et fantasmes.

New York à Rome
«Faire un film comme "Mary" ressemble à l'ascension de l'Everest, lâche Fernando Sulichin. Tout est contre vous. À commencer par le nom d'Abel Ferrara. Tout le monde s'accorde à dire que c'est un génie mais personne ne veut miser un dollar sur lui.» Il en faut plus pour décourager Fernando Sulichin, habitué aux projets audacieux ("Malcolm X", "She Hate Me" de Spike Lee ; "Alexandre" d'Oliver Stone) et qui avait déjà travaillé avec Abel Ferrara sur "The Addiction".
«Abel Ferrara est un puriste. Il essaye de survivre tout en restant fidèle à lui- même et à sa vision des choses dans un monde où règne le culte superficiel de la célébrité et de la mode. C'est très dur pour les réalisateurs comme lui.»
Coutumier du fait, Ferrara a donc bénéficié d'un budget restreint et d'un temps de tournage limité (22 jours). Débutées par deux jours d'extérieurs à New York et achevées par une journée dans la Vieille Ville à Jérusalem, les prises de vue se sont principalement déroulées à Rome où Abel Ferrara a récemment élu résidence.
«A New York, les choses sont devenues folles depuis le 11 septembre, confie le cinéaste italo-américain. J'ai mis du temps pour revenir dans la course. Comme j'avais besoin de faire un break, j'ai émigré en Europe. Mais, où que je sois, je fais toujours des films sur New York.»
Ainsi, par souci pratique et d'économie, l'appartement romain d'Abel Ferrara a servi de salle de montage mais aussi de décor pour l'appartement new-yorkais de Ted dans le film.

ENTRETIEN AVEC ABEL FERRARA ET FRANCK DE CURTIS

ENTRETIEN AVEC JULIETTE BINOCHE
Ciné Live
Narguant les hystéries religieuses et les bondieuseries, Ferrara livre sa vision du sacré, déstabilisante mais poignante d'humanisme.

Libération
" Mary fait l'effet d'un choc d'une puissance indiscutable (…) A la fois apaisé et furieux, existentialiste et mystique, il donne du cinéma de Ferrara une image nouvelle "

Le Monde
" La façon dont Abel Ferrara évoque Marie Madeleine est d'une stupéfiante audace."

Figaroscope
" Ferrara donne là une belle leçon de mise en scène, mais nous livre surtout sa vision du sacré, pas conformiste, certes, mais qui sait nous questionner. "

Zurban
" Certes, Mary nous plonge dans la confusion. Mais tant mieux. "
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