SOUS LA PEAU DE LA VILLE

Réalisateur : Rakhshan Bani-Etemad
Casting :
Divers : Iran - 2000 - 1h32 min -
A Téhéran, dans un climat tendu pendant les élections parlementaires de 1998, une mère, Tuba, travaille durement à l'usine pour faire vivre sa famille. Abbas, l'aîné des fils, qui rêve d'ascension sociale et d'une vie meilleure pour sa famille, tente, avec la complicité de son père, d'obtenir un visa pour aller travailler à l'étranger.
Le jeune homme, sensible et généreux, est prêt à tout pour offrir de meilleurs lendemains aux siens. Mais pour gagner beaucoup d'argent et vite, c'est ceux qu'il aime qu'Abbas va mettre en péril. La ville a ses règles et ne pardonne rien.
Victoire contre la censure
La réalisatrice Rakhshan Bani-Etemad (considérée comme la plus brillante réalisatrice iranienne de son époque) avait finit d'écrire le scénario de ce film dans les années 1980. Mais elle du longtemps se battre contre la censure, à cause des scènes "chocs", quasi inédites en Iran : une jeune fille qui gifle un homme, une femme qui montre sa chevelure, des adolescents qui fuguent... Puis la réalisatrice réussit enfin à s'imposer (au bout de 20 ans), sans trahir les enjeux de son film, et connut un immédiat succès public (1.2 millions d'entrées en quelques mois) et critique (élu meilleur film de l'année par les critiques iraniens).
Téhéran, ville moderne
La réalisatrice a souhaité faire un film sur les enjeux de la société iranienne de son temps, loin de tout pittoresque. Destinée à la base pour un public iranien, le film ne manquera pas de casser les idées fausses des occidentaux qui imaginent encore Téhéran comme une ville archaïque, loin de toute modernité. De plus, la ville est autant le cadre du film, qu'un personnage à part entière. A l'image des sociétés occidentales, elle influe sur la destinée des personnages, offrant autant d'opportunités que de pièges.
Une société en pleine mutation
Sous la peau de la ville bouscule les idées reçues sur l'Iran et montre les véritables enjeux de la société actuelle, ce que les officiels du pays cherchent généralement à occulter : le mal-être d'une jeunesse désenchantée (drogue, fugues, avenir bouché...), qui aspire à plus de liberté; une jeunesse qui n'hésite pas à se rebeller et à contester l'autorité (révolte individuelle et révolte politique); un modèle familial qui s'effrite et une société en plein malaise (crise sociale, chômage, trafics en tous genres...); une montée en puissance des femmes dans la société, qui y revendiquent et obtiennent petit à petit une place de plus en plus importante.
Golab Adineh acteur fétiche de Bani-Etemad
Rakhshan Bani-Etemad dirige pour la quatrième fois Golab Adineh après Canari Yellow, Le Foulard bleu et La Dame de mai.
Chronic'art.com
"Sous la peau de la ville est une oeuvre culte qui en Iran a fait l'effet d'une bombe. Tout sauf une surprise, puisque sa réalisatrice Rakhshan Bani-Etemad est une star locale. Le film livre donc un aperçu de son talent dans cette chronique familiale. "Sous la peau..." est imprégnée d'une folle authenticité, ingérée, quasi involontaire. Un atout maître pour le film qui puise là une force insoupçonnée. Si Rakhshan Bani-Etemad ne mâche pas ses mots, son cinéma témoigne surtout d'une implacable résignation."

Télérama
"Issue du documentaire, la cinéaste iranienne puise dans la réalité le délicat matériau de son film, une plongée dans le quotidien d'une famille modeste de Téhéran. La ville est au centre du récit, une cité moderne, fébrile, étonnante, révélée par des plans amples et nerveux. Un petit monde sensible et attachant palpite, plaisante et souffre, loin de toute pesanteur démonstrative, de tout exotisme. La réalisatrice, qui a frôlé la censure, ose s'attaquer à tous les carcans et elle sait donner chair à ses personnages."

Les Inrockuptibles
"Une belle vue en coupe de la modernité iranienne et de ses contradictions tragiques. Avec cette fiction dynamique et équilibrée, Rakhshan Bani-Etemad élude brillament "le pittoresque, les clichés souvent véhiculés par certains cinéastes iraniens". La cinéaste tient les promesses de son titre en offrant une vision ample et diverse de la vie urbaine en Iran. Un film à chaud."

TéléCinéObs
"Rakhshan Bani-Etemad témoigne des inégalités sociales de son pays avec une acuité lucide mais déniée de tout misérabilisme."

MCinéma.com
"Le passé nourri de documentariste de l'auteur se sent tout au cours de ce film qui, s'il présente une histoire de fiction, sonne juste. Les comédiens sont tous remarquables et confèrent une aura particulière à cette oeuvre. On peut juste reprocher à la fin d'adopter un peu trop les méandres d'un scénario un peu convenu, mais globalement ce film est un parfait exemple de ce que le cinéma peut offrir en matière de découverte, intelligente et sensible."
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