SIMON KONIANSKI

Réalisateur : MICHA WALD
Casting :
Divers : France, Belgique - 2009 - 1h40 -
Dans la famille Konianski, il y a Simon, 35 ans, éternel adolescent, fraîchement quitté par la femme de sa vie, une danseuse goy. Il y a Ernest, son père, contraint de l'héberger provisoirement, qui lui rend très vite la vie insupportable. Il y a Hadrien, le fils de Simon, un petit garçon passionné par les terribles souvenirs de son grand-père, ancien déporté. Mais il y a aussi Maurice, le vieil oncle paranoïaque, et Tante Mala qui n'a pas sa langue dans sa poche. Lorsqu' Ernest disparaît, tout ce petit monde s'embarque pour une expédition qui ne manquera pas de piquant.
Un film à résonance autobiographique
Simon Konianski s'inspire en partie du propre vécu du réalisateur Micha Wald. "Tout ce que Popeck ou l'oncle et la tante disent, je l'ai entendu, confie le cinéaste. Mon grand-père collectionnait les savonnettes et les petits laits des cafés, il faisait sécher les sachets de thé pour les réutiliser, économisait l'eau... Il avait un cousin complètement fou, un communiste pur et dur qui avait fait la guerre en Espagne avec les brigades juives internationales et qui se sentait menacé par des fascistes où qu'il aille. On a voulu me marier à une gentille pianiste. Je suis sorti avec une danseuse qui, dans un spectacle, était à moitié nue..."
Note d'intention
Simon Konianski est un film où le réalisateur Micha Wald a surtout essayé de se moquer de lui-même et de sa famille. "Je suis hypocondriaque, et Simon l'est encore plus que moi, explique-t-il. Un peu à l'image du Juif new-yorkais intello et névrosé, j'ai plein de médecins, généralement des amis de mes parents avec lesquels je me sens en confiance. Dès que j'ai un rien, il faut vite que j'aille consulter pour voir si ce n'est pas un début de cancer. Je fais super attention à ce que je mange, je respire... Et avec mes enfants ça se décuple... Dans l'humour juif, l'autodérision est essentielle. On dirait que j'exagère les traits pour les rendre comiques mais pas du tout. C'est une comédie hyperréaliste !"
Jonathan Zaccaï vu par Micha Wald
Le réalisateur Micha Wald dit avoir pris beaucoup de plaisir à travailler avec Jonathan Zaccaï. "On s'est vite très bien entendu, un peu comme si on faisait partie de la même famille, explique le cinéaste. Il est très réactif, il a toujours une proposition de gag (la minerve c'est son idée) pour améliorer la scène, la rendre loufoque. Son jeu est très physique, il grimace, joue du sourcil, se tortille, se gratte et à chaque fois, ça marche. Il n'a vraiment peur de rien. Jonathan adore Ben Stiller et ça se sent !"
Côté costumes
Le réalisateur Micha Wald a travaillé avec Nadia Chmilewsky, la même costumière que pour Voleurs de chevaux. "Le point de départ des survêtements vient des vielles Juives de Miami en rose ou en pêche et des grand-mères avec des énormes casquettes de golf qui vont prendre leur brunch dans le quartier juif de Los Angeles, explique le cinéaste. Je trouvais ça drôle : on a le jogging Baghdad de Simon et le jogging Miami de Tante Mala. Une amie de ma mère a un style encore plus excessif que celui de tante Mala : son rouge à lèvres dépasse jusqu'aux narines ! Elle a une espèce de coiffure noire qui tient avec des tonnes de laque, même quand elle bouge. Elle est couverte de bijoux fantaisie, parce que les vrais sont dans un coffre fort, elle porte donc des breloques en plastique d'une laideur indescriptible. Pour Popeck, on voulait qu'il ait des costumes qui reprennent les motifs de la tapisserie qu'il a chez lui. Certes, on n'a pas essayé de faire dans la dentelle, c'est un monde qui ne l'est pas. C'est très kitsch et surchargé, et en même temps ça donne de la vie aux personnages."
La voiture, un personnage à part entière
Pour le réalisateur Micha Wald, la voiture a son importance dans le film, car elle représente à la fois "un petit théâtre en mouvement et une cocotte-minute qui explose au bout d'un moment". "C'est une unité de lieu, un espace clos d'où on ne peut pas s'échapper, qui me permet de filmer de manière frontale et laisser la tension monter, poursuit-il. L'idée était que Simon se sente oppressé et mal à l'aise partout. Il a l'impression de toujours être à l'étroit et de ne pas avoir sa place. Que ce soit sa chambre chez son père, son lit de camp qui grince, la voiture, la chambre d'hôtel en Pologne ou la salle communautaire, tous les endroits qu'il visite suivent la même logique, c'est la même petite boîte. C'est un personnage qui subit beaucoup mais qui, à un moment donné, décide de s'affranchir. Avec Corazón, quand il prend son fils en otage, on sent que quelque chose a changé. Et en ressoudant cette relation père-fils qu'il avait négligée, il devient plus adulte et mâture. Dès qu'il se retrouve seul avec son fils, ils perdent cette voiture dans la campagne... Elle se casse, tout simplement. Et l'espace s'ouvre, devient infini."
L'idée d'une saga sur Simon Konianski
Le réalisateur Micha Wald a le projet de faire d'autres films avec Simon, mais sans suivre d'ordre chronologique. "Ce sont plutôt des variations autour de ce personnage, explique le cinéaste. Dans les dossiers d'aide à la production, j'ai souvent évoqué Antoine Doinel et Truffaut. J'adore notamment Les Quatre cents coups. Je trouve très intéressant d'avoir un alter ego de cinéma avec qui on peut fantasmer toutes sortes d'aventures de vie et faire passer des choses à soi. C'est très stimulant de créer un personnage de toutes pièces et ensuite le voir grandir et évoluer. La saga Antoine Doinel était plus planifiée que Simon Konianski."
"Absolument jubilatoire" Prmière
"Little Miss Sunshine version yiddish" L'Humanité
  • Inscrivez-vous à la newsletter
  • Contact : 0692 68 77 09
  • 242 380 visiteurs