LES 16 DE BASSE POINTE

Réalisateur : Camille Mauduech
Casting :
Divers : - 2009 - 1h48 -
En 1948, en Martinique, dans un climat de grève sur une habitation sucrière, un géreur, blanc créole, est assassiné de 36 coups de coutelas et retrouvé mort dans un champ de cannes de la plantation qu'il administre. Après une chasse à l'homme de plusieurs semaines, 16 coupeurs de cannes noirs sont arrêtés et maintenus en détention préventive pendant trois ans.
En 1951, leur procès, renvoyé à Bordeaux, ancien port négrier, avec l'assurance d'un verdict exemplaire et sans appel, deviendra le premier procès du colonialisme français aux Antilles, jugé devant "ses pères".
Note d'intention de Camille Mauduech
"Le film prend la forme d'une investigation au coeur de l'affaire des 16 de Basse-Pointe, à la fois du drame et du procès qui en découle. Je la revisite, poursuivie par son exemplarité historique en même temps que par sa violence et ses secrets, 60 ans plus tard", explique Camille Mauduech. "Je raconte une histoire basée sur une investigation solide et documentée, entre la Martinique, Paris et Bordeaux, mais je tente aussi de saisir l'histoire des 16 de Basse-Pointe telle qu'elle s'inscrit dans la mémoire des " gens ", parfois proche de l'histoire officielle, parfois plus officieuse et secrète, parfois déformée, avec ses contradictions, ses non-dits, ses "on dit ", ses scénarios, ses regrets, ses fiertés, ses héros. Quant à la dramaturgie, elle s'inscrit d'elle-même dans l'histoire vraie (...) L'histoire singulière du meurtre de Guy de Fabrique et le procès qui en découle soutiennent, dans ma démarche, le portrait d'un pays résolument français, qui s'est fondé sur le système de plantation, la division raciale, la suprématie coloniale, l'exploitation et la manipulation."
Un peu d'histoire
Aux lendemains de la libération, ce qu'on a appelé l'empire colonial français s'ébranle. Madagascar, l'Indochine se soulèvent. Paradoxalement, les colonies Martinique, Guadeloupe, Réunion et Guyane française, veulent devenir françaises à part entière. Cela les engagera pour toujours dans le giron français. Aimé Césaire, poète martiniquais de la négritude et ami des surréalistes, déjà réputé, à l'époque député communiste, présente la requête d'intégration devant l'Assemblée nationale le 19 mars 1946. Il plaide le patriotisme antillais, le sang versé pour la France, le chaos social, le joug de quelques capitalistes sucriers, les nécessités de changements économiques. La loi de départementalisation est adoptée malgré les réticences du ministre du budget et avec l'appui massif des députés communistes français, alors membres du gouvernement Ramadier. Elle est exécutable sans délais, mais ses décrets d'application seront lâchés par bribes, par morceaux, à chaque nouvelle élection d'importance nationale jusqu'en 1996.
"Les 16 de Basse-Pointe dévoile la fierté tenace de ces hommes (...) ce procès devient celui du colonialisme." Charlie Hebdo
"Les 16 de Basse-Pointe s'impose à bien des égards comme un petit documentaire pour le cinéma mais un grand pas pour la France. Il serait temps, en effet, que notre pays ait enfin le courage d'apprendre son passé, TOUT son passé, pour mieux appréhender l'avenir." Dvdrama
"Soixante ans après, la réalisatrice martiniquaise Camille Mauduech s'est employée à lever l'interdit et à délier les langues, pour reconstituer l'affaire et évoquer en détail le "premier procès du colonialisme français aux Antilles "." Télérama
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