TONY MANERO

Réalisateur : Pablo Larrain
Casting :
Divers : Brésii, Chili - 2009 - 1h38 - VOSTF
Prix : Sélection Festival de Cannes Quinzaine des Réalisateurs
Printemps 1978, John Travolta est "Tony Manero" dans le film La Fièvre du samedi soir, et enflamme le monde du disco. Au même moment à Santiago du Chili, alors que la terrible dictature de Pinochet sévit, Raùl Peralta, 50 ans, est fasciné par ce personnage et par l'univers du film. Tous les samedis soirs, il libère sa passion pour le disco. En compagnie d'autres danseurs amateurs, il crée un spectacle dans un night club de banlieue. Quand il apprend que la télévision organise un concours du meilleur sosie de Tony Manero, Raùl y voit sa chance de devenir une star. Sa fascination se transforme en obsession. Plus rien ni personne ne pourra alors l'arrêter...
Tony mon héros
Pablo Larrain parle de ce que symbolise Tony Manero pour le personnage principal de son film : "Tony Manero représente pour Raul Peralta l'ascension vers la gloire dans une société sans destin. Un espoir calqué sur le modèle du rêve américain, que Raul prétend importer à n'importe quel prix. La figure du perdant, qui surgit en dansant sous les traits d'un John John Travolta dans La Fievre du samedi soir, a pour lui une forte résonance et lui est d'une proximité particulière. Il s'imagine ainsi pour pouvoir superposer ce rêve à sa propre réalité. En même temps, la danse cache une puissance poétique liée au mouvement, celui qui mène le langage cinématographique vers un monde sensoriel opérant dans une fréquence émotive unique."

Larrain solide
Tony Manero est le deuxième long métrage de Pablo Larrain Matte après Fuga en 2006. Le film est produit par Fabula, une société crée en 2003 par le réalisateur, associé à son père Hernan Larrain et à son frère Juan de Dios Larrain. Né à Santiago du Chili en 1976, il a suivi des études de communication audiovisuelle.

Fièvre latine
Le cinéaste précise ses intentions : "J'ai voulu raconter la petite histoire d'un homme obsédé par tout ce qui est différent, qui vit dans un pays installé dans un processus culturel responsable de notre actuelle façon de nous développer et de nous relier au reste du monde. Capturer un moment de la vie d'un homme ordinaire et son environnement... ou bien la petite partie de quelque chose de plus grand qui ne se voit pas, parce que, de manière très subtile, la danse de Raul Peralta est pour moi la danse de tous les Latino-Américains. Et enfin l'ambiance délétère du sous-développement, avec ses excès délirants, qui a été mise à mal dans les années 70 sous les dictatures militaires qui frappèrent notre pays."

Alfredo Castro, l'art et le Manero
Raul Peralta est incarné par Alfredo Castro, également co-scénariste du film. Acteur et metteur en scène de théâtre réputé au Chili, lauréat de nombreux prix, il a été l'assistant de grands hommes de théâtre français comme Georges Lavaudant ou Jorge Lavelli. Pour préparer son rôle, il a dansé plusieurs fois par semaine pendant deux mois en compagnie de la chorégraphe chilienne Francisca Sazie. A propos du film et de son personnage, il note : "Ce film parle de la folie individuelle, absorbée par ce sujet, par rapport à la folie généralisée du reste du pays. Un être absolument sans aucune conscience de classe ni conscience politique, au langage limité, qui ne peut exister qu'en actes, à travers ses crimes, ses vols, mais surtout sa danse. A cause de sa pauvreté matérielle et, par conséquent, d'une vision de la vie très immédiate et fugace, il est fait prisonnier dans son imaginaire par un "hros" américain, Tony Manero, mais un héros d'une seule nuit."

Travolta et eux
John Travolta a incarné Tony Manero dans La Fievre du samedi soir de John Badham (1977) mais aussi dans la suite du film, Staying Alive (1983), réalisée par Sylvester Stallone. Depuis, des dizaines de longs métrages contiennent des références à ce film-culte, sa musique ou ses séquences de danse, de Shrek à Disco, Patricia Mazuy avait choisi pour héroïne une adolescente fan du film dans Travolta et Moi -tourné pour la télévision.

C'était Santiago
Pablo Larrain revient sur le délicat travail de recréation d'une époque : "On a filmé pendant cinq semaines dans le centre historique de Santiago et la plus grande difficulté a été de réussir à montrer la ville telle qu'elle était dans les années 70 ; dans une atmosphère étrange et glauque, mais toujours avec un mélange de peur et d'amnésie, atmosphère qui n'existe plus et dont plus personne ne se souvient. Et c'est très triste, il n'y a rien de pire que l'indifférence face à l'histoire (...) Maintenant, Santiago est une ville qui ressemble peu ou pas du tout à ce qu'elle était à la fin des années 70 ; de nos jours, c'est une cité d'acier et de verre, qui avance en détruisant son passé et en construisant par-dessus... Raul Peralta semble être en avance sur le pays, son absurde impatience est la même que celle du Chili aujourd'hui."
"Fort et sans concessions." L'Humanité
"Tony Manero crisse comme la craie sur le tableau noir. Malgré un contexte daté - le Chili de 1978 -, il fait l'effet d'une déflagration (...) L'image du film est sale, parfois tremblante, parfois floue (...) Cela fait froid dans le dos." Le Monde
"Superbe film politique, humain, dénonciateur, annonciateur." Marianne
"L'incroyable performance d'Alfred Castro, en psychopathe prêt à tout pour défendre un minable quart d'heure de célébrité, est aussi brillante que la mise en scène de ce cruel jeu de massacre." Première
"Tony Manero est évidemment un film politique, mais dans lequel aucune assertion n'est formulée" Libération
"Un grand comédien de théâtre, Alfredo Castro, parvient à rendre étrangement passionnante, voire troublante, cette coquille vide, cette non-existence. (...)" Télérama
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