VERSAILLES

Réalisateur : Pierre Schoeller
Casting :
Divers : France - 2008 - 1h53 -
Prix : Sélection Un Certain Regard Festival de Cannes
Paris, aujourd'hui. Un enfant et sa jeune mère dorment dehors. Nina est sans emploi, ni attaches. Enzo a 5 ans. Leur errance les conduit à Versailles. Dans les bois, tout près du château, un homme vit dans une cabane, retranché de tout. Damien. Nina passe une nuit avec lui. Au petit matin, Nina laisse l'enfant et disparaît. À son réveil, Damien découvre Enzo, seul. Au fil des jours, des saisons, l'homme et l'enfant vont se découvrir, s'apprivoiser, s'attacher. Leur lien sera aussi fort que leur dénuement. Un jour pourtant il faudra quitter la cabane...
Le réalisateur Pierre Schoeller avait à coeur de traiter un sujet actuel et d'en donner une image juste: " l'idée de départ était de parler du lien et du tissu social, de montrer des personnes perçus à tort comme ayant un manque (sans domicile, sans logis, sans travail...). Mais il fallait arriver à une image juste de cette mère vivant dans la rue avec son enfant ou de cet homme habitant dans les bois. La pauvreté est un mot qui désigne en réalité des situations très différentes. Pierre Schoeller décrit son travail d'écriture comme un va-et-vient entre l'approche documentaire et la fiction: "j'incorpore des éléments vécus à l'histoire, ensuite l'histoire m'emmène à un autre personnage et je vais vérifier comment ça se passe." (...) "L'idée de Versailles est venue de ma découverte qu'un homme était mort dans les bois pendant la grande tempête de 2000, juste à côté du Château. Il y avait là une dimension emblématique avec la mise en contraste de la grande pauvreté de ceux qui se sont sortis du social. Le titre donne une résonance historique et politique. Et montrer ces gens pauvres au milieu du luxe a beaucoup marqué au festival de Cannes qui est un peu le Versailles du cinéma."

Versailles, tout en dénoncant la marginalisation des plus pauvres, porte aussi une dimension poétique et symbolique. Pierre Schoeller a effectué de longues recherches iconographiques pour rendre l'intemporalité de cette situation :""J'ai fait une recherche de photos, de sculptures, et les attitudes traversent les siècles. Quelqu'un qui dort sur un banc ou la forme des guenilles : cela n'a pas d'âge. Cette dimension m'a emmené d'une certaine manière vers le muet, vers un type de cinéma où l'image parle d'elle-même. Les bois, une cabane sans électricité, un homme et un enfant qui y vivent : c'est à la fois intemporel et uniquement du présent, de l'urgence. Et avec l'obscurité de la nuit, cela devenait presque antique : une scène, un feu, quelques arbres et des personnages qui parlent. Cela ouvre sur un imaginaire et un romanesque qui surgissent simplement du côté élémentaire des choses et de ce qui se dit."

Le choix de Guillaume Depardieu a semblé être une évidence pour le réalisateur: "il y a eu une rencontre très forte avec le personnage et le film." Mais le rôle joué par Judith Chemla fut plus difficile à caster : "elle devait être jeune, qu'on puisse adhérer très vite à sa situation de dormir dehors avec cet enfant et que cela n'ait pas l'air joué. Quant à l'enfant, il fallait un bon équilibre entre l'impression qu'il soit très jeune à l'image et qu'il soit suffisamment costaud pour affronter le tournage. Il y a trois personnages, avec presque trois points de vue, trois trames narratives. Je ne voulais pas les unifier et j'ai fonctionné à l'instinct sur chaque scène en essayant d'être le plus direct, le plus frontal possible."

La lumière est mise en valeur de façon à rendre palpable la vie en extérieur dans sa rudesse et dans sa poésie: "Je voulais une image très dynamique ave l'idée de la lisière et le fait que le personnage se protège dans l'ombre. Il fallait aussi donner au spectateur en salle l'impression qu'il vit dehors. Le film est habité par cette intimité de la rue, des bois avec des sensations assez physiques (les matières, l'espace, les courants d'air...). Le travail de lumière avec Julien Hirsh s'est intégré à ça. Nous avons construit l'univers du film en partant de l'espèce de naturalisme des lieux."
"La lumière baigne parfois les visages dans des feux de forêts, et permet d'être au film d'être autant un conte qu'un récit actuel sur un nouveau tiers état. Des acteurs incandescents lui donnent sa force." Elle
"Film poignant, au réalisme parfois dérangeant. Il coule dans cette histoire une sève revigorante. Guillaume Depardieu livre une interprétation impressionnante." Le Parisien
"Tout est dans le choix de ce comédien hors norme [Guillaume Depardieu] qui (...) opère actuellement une fulgurante renaissance cinématographique." Le Monde
"Avec Versailles, Pierre Schoeller entre royalement dans la cour des grands, aidé par un Depardieu au sommet." aVoir-aLire.com
"Un film plein de vie et d'amour, sinon d'espérance." Télérama
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