LES 7 JOURS

Titre original : Shiva
Réalisateur : Ronit et Shlomi Elkabetz
Casting :
Divers : Israël - 2008 - 1h48 - VOSTF
Prix : Film d'Ouverture Semaine de la Critique Festival de Cannes
Israël, 1991. Toute la famille Ohaion pleure la disparition de l'un des siens. Fidèles à la tradition, les proches sont censés se réunir dans la maison du défunt et s'y recueillir pendant sept jours. Alors que chacun semble se plier à la coutume, la cohabitation devient de plus en plus pesante. Contraints de se supporter jour et nuit, frères et soeurs ne tardent pas à laisser l'amertume et les disputes prendre le pas sur le recueillement. L'atmosphère devient bientôt irrespirable et les vérités enfouies depuis longtemps remontent enfin à la surface...
Les Sept jours est le deuxième long métrage réalisé par la comédienne Ronit Elkabetz et son frère Shlomi après le très remarqué Prendre femme (2004). Ces films sont les deux premiers volets d'une trilogie centrée sur une femme, Viviane, interprétée par la réalisatrice. Le mari de celle-ci, incarné par Simon Abkarian, était l'un des personnages principaux de Prendre femme. Il apparaît dans Les Sept jours, même si ce film est consacré aux rapports entre frères et soeurs. L'action de Prendre femme se situait en 1979, celle des Sept jours en 1991. On retrouvera Viviane, quelques années plus tard, dans le dernier volet de cette trilogie.

Les jours d'après
Ronit Elkabetz parle de l'évolution du personnage de Viviane, depuis Prendre femme : "Nous retrouvons Vivianne à un moment très difficile de sa vie. Certes, elle réalise son rêve de liberté, mais elle a dû se résigner à être une femme à qui on a refusé le divorce. Ce qui est difficile à vivre dans une société où les tribunaux religieux sont dirigés par des hommes. Vivianne est donc l'inspiration et le point de départ de toutes les femmes du film. Elle continuera à stimuler mon imagination à l'avenir mais, cette fois, nous avons voulu raconter l'histoire du point de vue de toute la famille, et non pas retracer le parcours d'un ou deux héros. Grâce à la famille, on acquiert les outils qui permettent d'affronter le monde et, jusqu'à la fin de nos jours, elle nous poursuit pour le meilleur et pour le pire." Son frère Shlomi ajoute : "Nous voulions raconter l'histoire de l'intérieur vers l'extérieur ; en commençant par la cellule primaire, un homme et une femme dans Prendre Femme, puis par couches successives, en élargissant les relations et interactions aux autres membres de la famille."

La grande famille... du cinéma
Ronit Elkabetz a réuni dans son film les plus grands noms du cinéma israélien, de Moshe Ivgy (Yom yom, Munich) à Hanna Laslo (Prix d'interprétation à Cannes en 2005 pour sa composition de chauffeur de taxi dans Free zone) en passant par Yaël Abecassis ( Kadosh, Va, vis et deviens ). "Nous voulions des acteurs connus, nos pour leur célébrité, mais pour pouvoir utiliser leurs forts individualismes. Ils ont dû, comme leurs perosnnages, trouver un moyen d'exister au sein du groupe. Je pense qu'au départ les acteurs n'étaient pas très heureux d'avoir un rôle relativement modeste et de devoir se fondre dans l'ensemble. Lorsqu'ils ont compris que c'était la force du groupe qui comptait, chacun a commencé à faire de la place à l'autre et, naturellement, des liens très forts se sont crées entre eux."

Clan deuil
Le titre du film fait référence à une tradition : la réunion et le recueillement de la famille pendant les sept jours qui suivent un enterrement, dans la maison du défunt. "Je comprends la valeur traditionnelle attachée au deuil", confie la réalisatrice. "Il y a quelque chose dans ce cérémonial qui rend hommage à l'homme.Cette tradition est aussi une forme d'hommage à nos racines. Nos racines nous donnent des forces. Ce désir d'évoquer cette tradition vient d'une nostalgie pour la famille, valeur qui tend à disparaître." Son frère note de son côté : ""Cette coutume du deuil est une sorte de performance, de spectacle. C'est une représentation de la douleur dans laquelle l'individu exprime l'intensité de sa peine face au groupe. Les gens ne gémissent pas ainsi lorsqu'ils sont seuls dans une pièce. Durant le deuil, on se doit de montrer sa douleur à la société. Sinon, on est rejeté par son entourage."

Home movie
Les réalisateurs justifient le choix de tourner en huis clos : "D'abord, la loi religieuse interdit formellement à celui qui porte le deuil de sortir de chez lui pendant sept jours. En général, on attend des gens qu'ils respectent cette règle. Personne ne veut être banni. C'est une règle parmi beaucoup d'autres. Il est interdit de dormir sur un lit, de s'asseoir sur une chaise, de se laver, de se raser, de prendre soin de son corps, etc. De plus, au moment de la guerre du Golfe, personne ne sortait de peur d'une attaque à l'arme biologique ou chimique", explique Shlomi Elkabetz."La maison, c'est le lieu où les gens passent le plus de temps intime et l'intimité, c'est ce qui nous intéresse : si je pouvais mettre une caméra sur le coeur de l'être humain et filmer ce qui s'y passe, c'est ce que je ferais et c'est ce que raconte notre histoire. Elle fouille l'âme de l'homme", souligne Ronit Elkabetz.

Les enchaînées
Ronit Elkabetz parle de l'oppression subie par les femmes, qu'on retrouve au sein de la famille : "Dans Prendre femme, Vivianne se rebelle et lutte de toutes ses forces pour son droit à l'autodétermination. Pour Simona, la soeur aînée de Vivianne, il a fallu beaucoup plus de temps, mais à l'approche de la cinquantaine, elle ne veut plus céder et crie sa douleur à ses frères et à la société qui l'a exploitée et humiliée. Elle ne pardonne pas à ses frères d'avoir dû les servir dans sa jeunesse avant de se marier. Quant aux frères, bien qu'ils aiment leurs soeurs et leurs femmes, leur comportement obéit à des codes qui assujettissent la femme. Pour changer cette situation, les femmes doivent lutter de toutes leurs forces et défaire leurs chaînes de leurs propres mains. Et, à mon grand regret, c'est un point qui reste problématique."

Deux frères
Si Ronit Elkabetz a co-réalisé le film avec son frère Shlomi Elkabetz, elle a aussi dirigé un autre de ses frères, Yechiel Elkabetz, qui joue le rôle... d'un de ses frères.
"Les plans séquences lents et statiques renforcent la tension à l'intérieur du cadre (...) Les Sept jours porte un regard inquiet et audacieux sur une société israelienne archaïque, névrosée et violente, qui n'en a pas fini avec ses démons." Cahiers du Cinéma
"Emporté dans ce manège de sentiments, entre rires e larmes, touché au coeur, on est bouleversé." aVoir-aLire.com
"Le cinéma des deux Elkabetz, imposant, outré, viscéral représente un territoire tout à fait particulier et singulier dans la mosaïque du cinéma israélien en pleine ascension." Les Inrockuptibles
"Premier plan magnifique, à la fois poignant et grotesque. Tout le film qui suit est dans le même esprit : un scénario de Bergman auquel aurait contribué le plus ironique et facétieux des auteurs de comédies italiennes" Charlie Hebdo
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