LES MEDUSES

Titre original : Meduzot
Réalisateur : Etgar Keret, Shira Geffen
Casting :
Divers : Israel - 2007 - 1h 18min - VOSTF
Prix : Caméra d'or à Cannes 2007
Le jour de son mariage, Keren se casse la jambe et doit renoncer à sa lune de miel aux Caraïbes... Une mystérieuse petite fille sortie de la mer change la vie de Batya, la jeune femme qui la recueille et qu'elle suit comme son ombre... Joy, une employée de maison en exil va, sans le vouloir, renouer les liens entre une vieille femme sévère et sa fille... Bouteilles jetées à la mer, fragments d'humanités qui flirtent avec l'absurde... Dans un joyeux désordre chacun cherche sa place, l'amour, l'oubli ou sa mémoire, car telle est la vie à Tel-Aviv...
Caméra d'or à Cannes 2007
Présenté à la Semaine de la Critique, Les Méduses a été couronné par la Caméra d'or lors du Festival de Cannes 2007. Le film a également reçu le Prix SACD et le Prix de la (toute) jeune critique.

Note d'intention des réalisateurs
"Les trois trames narratives du film fonctionnent comme les différentes facettes d'un même état d'âme, explique le couple de réalisateurs. Un état existentiel fait de solitude et du désir inassouvi de communication et d'échange affectif. Nos héros ont besoin d'un intermédiaire pour exprimer et transmettre leurs sentiments. Même si l'histoire se déroule dans un lieu précis, la ville de Tel-Aviv n'est pas le Tel-Aviv connu. Grâce à un filmage particulier et à un cadrage très défini, nous avons souhaité recréer une réalité décalée de la ville telle qu'elle est montrée dans la plupart des films israéliens. Les héros du film ont l'illusion de choisir leur propre chemin. Ils se déplacent, tels des méduses, sans pouvoir contrôler leur vie. Les courants souterrains qui les poussent viennent du passé, d'expériences traumatiques ou de stéréotypes."

Genèse du projet
La réalisatrice Shira Geffen explique comment lui est venue l'idée de ce film : "A l'origine, il s'agit d'un souvenir d'enfance qui m'a profondément marqué et qui m'a d'ailleurs inspiré une nouvelle que je n'ai jamais publiée. Quand j'étais petite, je me souviens d'un jour où mes parents m'ont emmenée à la plage : ils m'ont mis une bouée et ont commencé à se disputer très violemment. Aujourd'hui, je garde de ce moment un sentiment d'instabilité, de flottement, voire de déséquilibre."
Et Etgar Keret de conclure : "C'est pour ça que tous les personnages du film se sentent oubliés par quelqu'un et que, d'une certaine manière, ils attendent qu'on vienne les chercher..."

La mer, acteur à part entière
Couple d'artistes israéliens, Etgar Keret et Shira Geffen ont vécu la majorité de leur vie à Tel-Aviv. Il n'est donc pas étonnant qu'ils aient choisi la mer comme personnage principal de leur premier film. "Dans cette réalité israélienne si dense, imprégnée de violence, de suspicion et d'idéologies extrémistes, la mer sert d'abri, de secours et de réconfort, expliquent les deux cinéastes. Territoire autonome, la mer serait le seul lieu où l'homme est considéré comme un homme, et non pas comme un être vague se résumant à sa carte d'identité ou à son statut social. Dans ce film composé de plusieurs histoires, la mer est l'élément fédérateur, comme une subconscience collective, un lieu où nos personnages peuvent se confronter à eux-mêmes."

L'importance de ce projet pour Etgar Keret
Etgar Keret explique l'importance que revêtait la réalisation de ce film : "C'est la première fois que j'avais l'opportunité de m'exprimer sans passer par l'écrit, puisque c'est Shira qui est l'auteur du scénario. J'ai du réfléchir en termes de cadrage, d'éclairage et d'interprétation. Les Méduses m'a donné l'occasion de collaborer avec ma compagne. C'était d'autant plus fort que Shira était enceinte de huit mois au moment du tournage et que le film est né ? dans la salle de montage ! ? presque en même temps que notre enfant. Je me souviens que Shira s'occupait de notre fils, pendant que je m'occupais de notre autre "bébé", on avait l'impression d'élever des jumeaux !"

Le choix des décors
Les deux cinéastes souhaitaient éviter le parti pris du réalisme et donner aux décors une dimension théâtrale. Ils ont alors choisi des lieux dépouillés pour focaliser l'attention du spectateur sur les personnages. "Nous tenions à tourner notre film à Tel-Aviv, qui est la ville où nous vivons, tout en cherchant à en faire une réalité abstraite, confie Shira Geffen. C'est pour cela que nous avons évité les plans larges et les lieux précis qui auraient pu identifier le décor à Tel-Aviv et donc au conflit israélo-palestinien."
Télérama
"Avec ses brusques bouffées d'onirisme et, dans la première partie, ses travellings lents, soyeux et délicats, le film semble donc planer légèrement au-dessus du sol, comme pour transcender légèrement la réalité qui englue les personnages."

Positif
"Keret et Geffen nous invitent à résister à la tentation de l'isolement, à renoncer au repli sur soi. Il est assez remarquable que ce film nous soit parvenu des horizons les plus violents de la planète."

Les Inrockuptibles
"Il y a dans le regard de Keret et Geffen un humour discret, une bienvaillance pour les êtres qu'ils filment, un sens de la cocasserie et de l'absurdité, et dans leur mise en scène le souci de ne pas mâcher tout le travail au spectateur et de lui offrir un espace de pensée et de ressenti, qui emportent l'adhésion."

Paris Match
"Le scénario subtil et des comédiens très présents vous pincent le coeur pour que vous le sentiez mieux battre."
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