L'AVENIR EST AILLEURS

Réalisateur : Antoine Léonard Maestrati
Casting :
Divers : France - 2006 - 1h 20min -
L'Île de France, troisième île antillaise, est actuellement secouée par une jeunesse en pleine quête d'identité. Bien que munis d'une carte "d'identité" française, les Antillais sont paradoxalement associés aux immigrés...
1963. Aux Antilles, la misère sévit et les mouvements sociaux secouent la région en crise économique aigue. La France a un besoin urgent de main d'oeuvre non qualifiée. Elle organise depuis les Antilles une migration de masse vers l'hexagone. C'est l'époque du Bumidom. Il fournira pendant 20 ans postiers, douaniers, agents RATP, femmes de ménage...
Ce film témoigne de ces voyages, souvent sans retour ; qualifiés par certains de déportation ou de traite migratoire. Les exilés nous parlent des luttes, des réussites et des échecs, de leurs espoirs et de la difficulté d'être Français noirs, donc à part.
Genre : Documentaire

Premiers pas au cinéma
Habitué aux séries documentaires pour la télévision, L'Avenir est ailleurs est le premier long métrage qu'Antoine Léonard Maestrati réalise pour le cinéma.

BUMIDOM
Le terme BUMIDOM signifie : BUreau pour le développement des MIgrations dans les Départements d'Outre-Mer. Ce bureau était chargé de l'émigration des habitants d'outre-mer (notamment la Réunion, la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane) vers la métropole. Créée en 1962 par Michel Debré, alors Premier ministre, cette Société d'Etat avait pour mission officielle de prévenir la surpopulation qui menaçait le marché de l'emploi, d'améliorer la situation économique ainsi que le pouvoir d'achat dans les départements d'outre-mer. La raison officieuse était que la France avait besoin de main d'oeuvre en métrople dans certains secteurs spécifiques. La principale critique qui lui a été fait est d'avoir organisé une déportation, et certains parlent même de génocide par substitution. Le BUMIDOM a été remplacé en 1983 par l'Agence Nationale pour l'insertion et la promotion des Travailleurs d'outre-mer (ANT), qui ne gère plus le phénomène migratoire.

Une page de l'Histoire méconnue
Le réalisateur a été très surpris de constater que peu de gens connaissaient l'existence du BUMIDOM. Il raconte : "Dès le début de nos rencontres, nous avons été frappés par la méconnaissance apparente de ce phénomène migratoire. Le "Bumidom" est d'emblée rejeté comme un phénomène marginal. Les milliers d?âmes qui ont voyagé par l'intermédiaire de cet organisme le reconnaissent du bout des lèvres. Et encore, s'ils consentent à s'en souvenir. Quant à leurs enfants et petits enfants, ils ignorent pourquoi et comment leurs parents ont quitté leur terre natale.".

Le choix des intervenants
Antoine Léonard Maestrati a choisi les personnages selon "leur vécu, leurs espoirs, leurs rêves ou leurs déceptions".

Un film miroir
A travers ce documentaire, parsemé d'images d'archives et retraçant plusieurs générations, le cinéaste a souhaité "réaliser un film miroir sur les Antillais d'hier et d'aujourd'hui, sur les Antillais d'Amérique et de Paris.".

Titre alternatif
Le réalisateur a été frappé par une phrase prononcée par l'un des intervenants : "De la traite négrière à la traite migratoire, comment se retrouver, comment exister ?". Antoine Léonard Maestrati précise : ""De la traite négrière à la traite migratoire". Nous aurions pu choisir cette citation comme titre de notre film mais nous n'avons pas souhaité porter de jugement sur les évènements que nous évoquons. A ceux qui entendront nos témoins de le faire, s'ils le veulent."

Une communauté particulière
Le réalisateur explique pourquoi la communauté antillaise parisienne est particulière : "Cette communauté jouit d'une très forte identité. Le sentiment d'appartenance à un peuple spécifique est unanimement ressenti. Poètes, écrivains ou artistes, ont donné, et donnent encore, à l'histoire de ces hommes une portée universelle et pourtant... en particulier depuis 1962, des centaines de milliers d'entre eux se sont arrachés de leur terre ou de leur île natale et plus de 600 000 vivent aujourd'hui dans la région parisienne."
Télérama
"A travers la voix de ces déracinés, ce documentaire lève le voile sur un pan méconnu de notre histoire. Avec sobriété, il évoque ces voyages pour l'inconnu, parfois sans retour."

L'Humanité
"La grande leçon du film est qu'il faut comprendre pour assumer le passé et assumer le passé pour se sentir, enfin, Français à part entière."

Libération
"Le rythme est lent, balancé. Le récit conté comme une légende, mi-réaliste, mi-magique. Le sujet est douloureux mais le ton du documentaire est bizarrement dépassionné."

TéléCinéObs
"Documentaire cherchant moins la provocation que la rectification d`un aspect peu connu (et pour cause) de notre histoire."
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