10 CANOES, 150 LANCES et 3 EPOUSES

Titre original : Ten Canoes
Réalisateur : Rolf De Heer
Casting :
Divers : Australie - 2006 - 1h31mn -
Prix : Festival de Cannes 2006, section Un Certain Regard
En des temps reculés, dans le nord de l'Australie. Le jeune Dayindi convoite l'une des trois femmes de son frère aîné, Ridjimaril, menaçant ainsi la loi tribale. Afin de ramener Dayindi dans le droit chemin, le vieux Minygululu lui raconte une légende ancestrale d'amours interdits, d'enlèvement, de sorcellerie et de vengeance qui tourne mal.
La genèse du projet
Le projet 10 canoés, 150 lances et 3 épouses est à l'initiative du célèbre acteur aborigène australien David Gulpilil, originaire de la région du marais d'Arafura. En 2000, alors qu'il tient le rôle principal du film The Tracker de Rolf De Heer, il propose au cinéaste de venir réaliser un film dans son pays et avec son peuple. Invitation renouvelée en 2003. Les deux hommes ne savent pas comment articuler le long métrage, mais un jour, David vient voir Rolf De Heer avec une photo en noir et blanc prise soixante-dix ans auparavant : une photo de Donald Thomson représentant un groupe de dix hommes avec leurs canoës, très cinématographique. Une photo qui évoque un monde disparu, où la vie des yolngus (aborigènes) était bien différente de tout ce que n'importe quel Balanda (homme blanc) pouvait imaginer. A partir de cette photographie et d'autres du même type, 10 canoés, 150 lances et 3 épouses commencera alors à prendre forme.

Une photo pour se souvenir
La photo des dix canoéistes, véritable déclencheur du projet 10 canoés, 150 lances et 3 épouses, a été prise par le docteur Donald Thomson, un anthropologue qui vivait et travaillait sur les terres d'Arnhem au milieu des années 30. La culture aborigène, pas encore influencée par l'arrivée des Blancs, mettait toujours en lumière, dans une large mesure, un mode de vie traditionnel. Thomson a laissé derrière lui un patrimoine exceptionnel : le portrait d'un peuple et d'un mode de vie qui, sans lui, ne nous serait jamais parvenu. La collection Thomson compte 4 000 photos noir et blanc et couvre de nombreux aspects de la culture des aborigènes. Elle est conservée au musée Victoria avec 7 000 autres photos prises en Australie centrale et au Cap York. Les Yolngus (aborigènes) entretiennent des liens très forts avec ces photos, chacun y reconnaissant un ou plusieurs membres de sa famille.

L'émotion de Gulipilil
David Gulpilil, le narrateur de 10 canoés, 150 lances et 3 épouses et initiateur du projet, ne cache pas son émotion lorsqu'il évoque le produit fini : "J'ai pleuré en voyant le film. Je suis fier de ceux qui y ont participé. Les gens qui verront ce film le garderont dans leur coeur, ils seront plongés dans la beauté du monde sauvage. J'ai montré une photo de Donald Thomson à Rolf De Heer et je lui ai demandé ce qu'il en pensait. Il a alors commencé à écrire une histoire, avec les habitants de Ramingining - mon peuple - et nous avons entamé notre collaboration. (...) Cette histoire - l'histoire que raconte le film... - n'est pas terminée. Elle se poursuit encore et encore car c'est l'histoire de notre peuple et de notre terre."

Gulipilil derrière la caméra
L'acteur aborigène australien David Gulpilil n'est pas seulement l'initiateur du projet 10 canoés, 150 lances et 3 épouses et son narrateur. Il officie également en tant que co-réalisateur du long métrage aux côtés de Rolf De Heer.

Un film, trois versions
Il existe trois versions de 10 canoés, 150 lances et 3 épouses : l'une en langues yolngues (les langues aborigènes), sous-titrée et commentée en anglais, une deuxième en langues yolngues, commentée en Mandalpingu et sous-titrée en anglais, et une troisième version - la version yolngue - sans sous-titres. C'est cette dernière version qui a été projetée en plein air dans le village de Ramingining, avant toute projection publique, pendant une soirée humide durant la saison des pluies.

Présenté à Cannes
10 canoés, 150 lances et 3 épouses a été présenté au Festival de Cannes 2006 dans la section Un Certain Regard.
Libération
"Fidèle à l'esprit de tout conte, Rolf De Heer déploie les charmes de la parole performative."

Cahiers du Cinéma
"Les textes les plus marquants qu'on ait pu écouter dernièrement."

Le Nouvel Observateur
"C'est une histoire, plusieurs histoires même, donc une fiction, mais cela ressemble fort à un documentaire, si fort que c'en est un aussi. Oui, c'est tout cela à la fois, à la fois et en même temps, pour produire cette simultanéité il n'y a que le cinéma."

Paris Match
"Savoureuse tragi-comédie anthropologique."

Télérama
"Une fable aborigène facétieuse sur la convoitise et l'adultère."
  • Inscrivez-vous à la newsletter
  • Contact : 0692 68 77 09
  • 232 574 visiteurs