VA, VIS ET DEVIENS

Réalisateur : Radu Mihaileanu
Casting :
Divers : France - 2005 - 2h20 min - VOSTF
Prix : Prix du Jury, Prix du Public, Prix du Jury Œcuménique et Prix Label Europa Cinémas au Festival de Berlin 2005 - Grand Prix et Prix du Public du 16e Festival du film de Valenciennes
Soudan, 1984, dans un camp de réfugiés, deux mères s'entendent pour qu'un enfant éthiopien chrétien de 9 ans soit évacué vers Israël (grâce à l'opération "Moïse" menée par le Mossad) à la place d'un enfant éthiopien juif (Falacha) qui vient de mourir. Cet enfant est ensuite adopté par une famille séfarade francophone.
Le film retrace, en trois périodes successives, l'intégration de Schlomo (le nouveau nom de cet enfant) dans sa nouvelle famille et dans la société israélienne. À la difficulté sociale d'être un juif noir et orphelin en Israël s'ajoute ... la difficulté individuelle de n'être en réalité ni juif, ni orphelin.
JUIFS D’ÉTHIOPIE ET OPÉRATION MOÏSE

Voici près de 20 ans, les Juifs d’Ethiopie ont fait irruption sur la scène médiatique mondiale avec la révélation de leur incroyable exode d’Éthiopie vers Israël via les camps de réfugiés du Soudan, pays musulman, régi par la Charia. Grâce à Israël et aux Etats-Unis, une vaste action est menée à partir du mois de novembre 1984 et jusqu'en janvier 1985 pour emmener les Juifs éthiopiens en Israël. Huit mille d’entre eux sont rapatriés, leur statut de descendants du Roi Salomon et de la Reine de Saba, longtemps controversé, leur étant enfin reconnu.

Aucune autre communauté juive n’a connu une immigration vers Israël aussi dramatique. Plus que tout autre peuple de la Diaspora, les Falashas ont accompli douloureusement, lors de cette vraie « sortie d'Égypte », l'acte majeur d'allégeance au peuple d’Israël.

Les Juifs Éthiopiens quittent l'Ethiopie à l'insu du régime
pro-soviétique de Mengistu qui leur interdisait d’émigrer,
et se rendent à pied, depuis leurs montagnes jusqu'aux
camps, au Soudan. Là-bas, ils doivent cacher leur identité juive, sous peine de mourir. Au Soudan, des avions les attendent pour les emmener en Israël. Sur la route des centaines de gens succombent à des maladies, à la famine, à l'épuisement. D’autres sont tués par des brigands. En ces années 1980, se retrouvent ensemble dans ces immenses camps soudanais des centaines de milliers d’Africains de vingt-six pays frappés par la sécheresse et la famine : des chrétiens, des musulmans et des juifs clandestins.

Pendant ce premier pont aérien, 8.000 Juifs éthiopiens
sont sauvés. 4.000 trouvent la mort entre l'Ethiopie et le
Soudan. Assassinés, torturés, morts de faim, de soif ou
d'épuisement.

A la chute du régime militaire pro-communiste (pro-soviétique) éthiopien en mai 1991, après l’effondrement
de l’URSS en 1989, une brusque immigration massive a
lieu, sous la forme d’un nouveau pont aérien, cette fois-ci depuis Addis-Abeba, la capitale éthiopienne. Mise en place par Israël, baptisée « Opération Salomon » elle amène 15.000 Juifs éthiopiens vers l’Etat hébreu en 36 heures. Actuellement, la communauté éthiopienne d’Israël, compte plus de 90.000 personnes.

Mais qui sont ces Juifs éthiopiens ? Les Juifs d’Éthiopie
ont une caractéristique unique : ils sont les seuls juifs parmi les noirs d’Afrique, et les seuls noirs parmi les juifs du monde, aussi loin qu’on puisse remonter dans l’histoire de l’humanité.

On les a longtemps plus connus sous le nom de Falashas, mot issu du guèze, la langue classique éthiopienne.
Ce mot signifie « émigrer » ou « sans terre ». Car autant que les Juifs d’Europe de l’Est, les Juifs d’Ethiopie ont longtemps été considérés comme étrangers, subissant aussi interdiction de posséder la moindre parcelle de terre.
« Falashas » est pour eux un terme péjoratif. Eux-mêmes se désignaient sous le nom de Beta Israel, « La maison d’Israël ». Aujourd’hui, suite à leur immigration massive en Israël, on les appelle de plus en plus « Juifs éthiopiens », par référence à leur pays d’origine, tout comme on parle des Juifs russes, américains, etc... Depuis la nuit des temps, les Juifs éthiopiens rêvaient de rentrer un jour chez eux, en Terre Sainte, à Jérusalem. Les vieux avaient l’habitude de bénir leurs petits-enfants, une main chaleureuse posée sur leur tête et prononçant ces mots prophétiques : « L’année prochaine à Jérusalem ! ». Les sources du judaïsme des Ethiopiens restent une énigme et ont donné lieu à de nombreuses controverses. Elles sont jusqu’à présent orales et très diverses.

Certains décrivent les Juifs éthiopiens comme des
Hébreux ayant quitté l’Egypte à l’époque de Moïse, et qui ont remonté le cours du Nil jusqu’au nord du Lac Tana, à l’endroit où le Nil Bleu prend sa source, en Ethiopie, au lieu de traverser la mer Rouge vers la Terre Promise.
D’autres les considèrent comme les descendants des
représentants des 12 tribus d’Israël qui escortèrent vers le royaume d’Axoum, ancêtre de l’Ethiopie, le prince Ménelik Ier, lui-même moitié Juif, car fruit des amours de la reine de Saba et du roi Salomon (972-932 av. J.C.). Cette version est la plus connue, ayant nourri nombre de légendes et inspiré beaucoup d’artistes dont le célèbre Bob Marley, la star du reggae. Ses nombreux titres, dont « Queen of Sheeba » et « The Lion of Sion » ont fait le tour du monde.

D’autres encore identifient les Juifs Ethiopiens aux descendants de la Tribu de Dan, la tribu perdue.
Certains chercheurs, ainsi que des tenants de l’unité
nationale éthiopienne, contestent tout lien direct des
Juifs éthiopiens avec le judaïsme, et voient en eux les descendants de populations éthiopiennes chrétiennes
qui seraient retournées vers l’Ancien Testament au
XIVème et au XVème siècle pour s’opposer aux visées expansionnistes des souverains éthiopiens soutenus par l’Eglise chrétienne orthodoxe (Copte).

D’autres chercheurs plaident en faveur de leur lien avec
le judaïsme en s’appuyant sur la présence d’indices linguistiques, aujourd’hui avérés, tels que l’importation
de termes d’origine judaïque araméenne à signification religieuse en Ethiopie avant l’ère chrétienne. Cette hypothèse démontre une antériorité en Ethiopie du judaïsme sur le christianisme.Indirectement, cela attesterait de l’existence de populations judaïsantes sur
ce territoire.

ENTRETIEN AVEC LES ACTEURS :
Yaël Abecassis
Roschdy Zem
Sirak M.Sabahat


RADU MIHAILEANU, A propos de "va, vis et deviens"

ENTRETIEN entre Radu et Ion Mihaileanu (père et fils)
Télérama
On sent que Radu Mihaileanu s'est emparé de ce sujet avec un véritable élan du coeur, une envie de dire la souffrance et le courage de tous les enfants qui, comme Schlomo, ont subi les chaos du monde. [...] Sur cette entrée (de Schlomo) dans l'existence, sur l'amour maternel et l'amour tout court, rien ne manque. Et c'est fort, émouvant.

Le Figaroscope
Une fresque émouvante d'une grande intelligence de coeur qui mêle histoire et destin individuel.[...] A travers l'incroyable épopée sur vingt ans de son jeune héros, Schlomo, le cinéaste soulève les questions d'identité, d'intégration, de racisme, d'amour filial. Un film monté comme un opéra à trois temps enfance, adolescence, âge adulte et marqué par une ultime note, le cri déchirant d'une mère qui, enfin, retrouve son fils.

Ciné Live
Magnifique récit, au delà de l'émotion, un souffle d'humanité balaie ce beau film.

Studio Magazine
Les grand destins font parfois les grands films. Va, vis et deviens (...) est bouleversant.[...] Tout en étant critique, ce film est riche de messages de paix et d'espoir. Ils sont portés par les acteurs, magnifiques et généreux .
(…)Allez-y, voyez-les et devenez incondictionnels de ce film ample et lyrique.

Le Monde
Va, vis et deviens commence comme un film historique (...) se fait vite un film sur l'émigration, le choc des cultures.[...] tout cela est dépeint avec générosité, une volonté de glisser de la fiction documentaire à la fresque lyrique, de faire sourdre l'émotion. En sus de sa sensibilité, Radu Mihaileanu a su utiliser la musique parfois épique d'Armand Amar et l'extrême délicatesse de ces deux comédiens que sont Yaël Abecassis et Roschdy Zem.
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