LES SOEURS FACHEES

Réalisateur : Alexandra Leclère
Casting :
Divers : France - 2004 - 1h33min -
Louise, esthéticienne au Mans, vient passer trois jours chez sa soeur Martine qui vit à Paris.
Martine a apparemment tout ! Tout sauf l'essentiel. Et l'essentiel, justement, Louise l'a !
En l'espace de trois jours, Louise et son bonheur évident exaspèrent Martine au plus haut point et font voler sa vie en éclats.
Deux actrices, deux parcours
"Les Soeurs fâchées" sont incarnées par deux comédiennes qui n'avaient jamais joué ensemble auparavant : Isabelle Huppert et Catherine Frot. On peut même noter que les réalisateurs qui ont fait tourner l'une n'ont jamais fait appel à l'autre, et inversement... jusqu'à ce tournage avec Alexandra Leclère. Par ailleurs, Frot est davantage habituée à la comédie : la Louise des Soeurs fâchées est provinciale comme "la Pierrette de La Dilettante", et un peu nunuche comme la Yoyo d' "Un air de famille". Si Huppert s'est, de son côté, plutôt illustrée dans un registre dramatique, de "La Dentellière" à "La Pianiste", on l'a déjà vue dans plusieurs comédies, notamment, au début des années 80, "La Femme de mon pote" de Bertrand Blier et "Sac de noeuds" de Josiane Balasko. En 2002, François Ozon lui confiait dans "8 femmes" le personnage burlesque d'une vieille fille, très fâchée avec sa soeur... Catherine Deneuve.

Un air de famille
La réalisatrice ne nie pas la dimension autobiographique des Soeurs fâchées : "Je mets de moi dans tous mes personnages. Ce film, c'est un peu mon histoire : j'ai une soeur de deux ans mon aînée qui a décidé de ne plus me voir à un moment de sa vie. Cela va faire maintenant cinq ans... J'aime tourner en dérision les choses qui me font du mal... Comme le personnage de Louise, pendant deux ans, j'ai croisé un homme sur le chemin de l'école et puis un jour, n'y tenant plus, j'ai trouvé le courage de lui donner un mot..."

Premier long-métrage
"Les Soeurs fâchées" est le premier long-métrage d'Alexandra Leclère. Après avoir envisagé tout d'abord de devenir comédienne, elle a signé en 2002 un court-métrage, Bouche-à-bouche, avec Alexandra Vandernoot et Helene Foubert dans le rôle de... deux soeurs.

"Famille, je vous (h)aime"
Alexandra Leclère revient sur son parcours : "Mon père était militaire et nous déménagions tous les deux ans. De mon enfance, je n'ai gardé ni racines, ni bons souvenirs. Après la séparation de mes parents, j'ai passé mon adolescence avec ma mère à Rennes et j'en suis partie à 17 ans... en me sauvant par la fenêtre. Avec 500 francs en poche, j'ai pris le train pour Paris où je n'avais jamais mis les pieds. Je suis allée boire une coupe de champagne sur les Champs-Elysées, j'y ai rencontré une jeune femme qui m'a emmenée dans une boite de nuit, l'Elysée Matignon, très en vogue à l'époque. Un homme m'a ouvert la porte et j'ai vécu sept ans avec lui..."

Femmes en miroir
Isabelle Huppert parle de son personnage, Martine, et de la relation complexe entre les deux soeurs : "Martine présente tous les indices extérieurs de la réussite : elle est riche, bien habillée, elle a un bel appartement. Mais quelque chose en elle ne s'est jamais réalisé (...) Martine va comprendre que Louise, moins assurée en apparence, est en train d'accomplir quelque chose. Elles sont un miroir l'une pour l'autre, mais les cartes se brouillent très rapidement. Très vite, Louise a une façon d'être gentille qui devient envahissante, étouffante. A l'inverse, l'agressivité de Martine cache une fragilité, quelque chose de cassé en elle. Et peu à peu les rôles s'inversent."

Frot, de Yoyo à Fifi
Catherine Frot parle de son personnage : "Louise, avec son décalage permanent, ses moustaches de chocolat et ses vêtements pas à la mode, ressemble à une sorte de Fifi Brindacier [héroïne de la littérature enfantine, qui se distingue par sa force de caractère], singulière et incongrue. Pour moi, elle ne vit pas tout à fait dans la réalité. Elle ne voit pas le mal ou ne veut pas le voir (...) Louise fait tâche dans le milieu parisien décrit dans le film et plus elle s'y sent mal à l'aise, plus elle en fait. Le personnage bascule ensuite pour gagner en humanité. On apprend à connaître Louise, elle échappe à l'idée que l'on pouvait s'en faire au début."

Berléand, un mari idéal
Pierre, le mari de Martine, est interprété par François Berléand, qui a déjà été le partenaire d'Isabelle Huppert dans "Signé Charlotte" de Caroline Huppert et dans "L'Ecole de la chair" de Benoît Jacquot (1998). Dans "Dormez, je le veux!" d'Irene Jouannet et plus récemment dans "Eros thérapie" de Danièle Dubroux (2003), il avait pour compagne Catherine Frot.

Comme frère et soeur
François Berléand est un ami de longue date d'Isabelle Huppert. Il évoque cette relation privilégiée : "(...) je la connais depuis que nous sommes petits, confie-t-il. "Nous allions sur la même plage à Saint-Jean-de-Luz et j'ai joué avec les soeurs Huppert quand nous avions aux environs de douze ans. Nous sommes devenus très liés quelques années plus tard. J'avais environ dix-huit ans, j'habitais encore chez mes parents. Et lorsque nous étions au théâtre ensemble, nous nous racontions nos histoires. Malgré cette approche personnelle, je suis toujours impressionné lorsque je la vois jouer."

Demy-soeurs
Dans l'une des séquences des "Soeurs fâchées", Martine et Louise regardent à la télévision un extrait des Demoiselles de Rochefort, et entonnent La Chanson des jumelles, un célèbre refrain tiré du film. Ce n'est pas la première fois que le cinéma de Jacques Demy est cité dans un film : on se souvient notamment des trentenaires de "L'Age des possibles" de Pascale Ferran, qui fredonnaient une chanson de Peau d'âne, mais aussi de Romain Duris qui, dans "Dix-sept fois" Cécile Cassard, se prenait pour... Anouk Aimée, et rejouait l'une des plus fameuses scènes de Lola.

Réalisatrice et auteur de chanson
Alexandra Leclère a écrit les paroles de "Rue des Jollières", texte mis en musique par le compositeur Philippe Sarde. Cette chanson est interprétée par les deux comédiennes du film.

Réalisateur et acteur
Le rôle de Charles est interprété par Bruno Chiche, connu comme réalisateur : en 2001, il tournait son premier long-métrage, "Barnie et ses petites contrariétés".
TéléCinéObs
Pour son premier film, Alexandra leclère a eu tous les culots (...). La réalisatrice filme les comédiennes avec une infinie subtilité, passant de la comédie au drame dans la même scène, sans jamais afficher une once de mépris pour ses personnages.

L'Humanité
Face à face de comédiennes à leur sommet, cette comédie écrite sans un temps mort fait mouche à chaque instant, dans un registre situé entre les films de Jean-Daniel Pollet avec Melki et ceux d'Agnès Jaoui.

Ouest France
Ça commence mal. Pas terrible, parce que les premières scènes semblent vouloir cultiver une comédie attendue, qui mettrait face à face la petite provinciale niaise, forcément, et la Parisienne libérée, bien sûr. (...) Mais il ne s'agissait que de la mise en place d'une comédie autrement grinçante, avec humour vache, mordant et radical, d'une noirceur implacable.

Le Figaroscope
Pour son premier film, la réalisatrice Alexandra Leclère vise juste en signant ce portrait de famille souvent drôle et cruel qui met aux prises deux soeurs antinomiques jouées par deux comédiennes exceptionnelles.
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