OMAGH

Réalisateur : Pete Travis
Casting :
Divers : Irlande / Angleterre - 2005 - 1h46 - VOSTF
Prix : Prix d'interprétation au festival de Valenciennes 2005 pour Gerard McSorely - Prix du Meilleur scénario et Prix CICAE du Meilleur Film Européen au Festival de San Sabastian en 2004
Samedi 15 août 1998, ville d'Omagh en Irlande du Nord.
À 14h30 la chaîne de télévision Ulster reçoit une alerte à la bombe. Une voiture piégée serait garée près du Palais de justice.
Les forces de police et de sécurité évacuent les alentours du tribunal et dirigent la foule vers le quartier commerçant de Market Street. À 15h10 lorsque la bombe de 250 Kg explose, elle tue 29 personnes et en blesse plus de 250 autres.
Cet attentat, le plus meurtrier du conflit nord-irlandais, est revendiqué par le REAL IRA, groupe dissident de l'Armée Républicaine Irlandaise.
Un mois plus tard, en dépit des engagements solennels
de Londres et de Dublin, les responsables de l'attentat continuent à échapper aux policiers des deux Irlandes. Certaines sources affirment que la police connaît l'identité des coupables, mais ne les attrapera jamais, faute d’éléments à charge.
En colère, les habitants d'Omagh, décident de constituer une association d'aide aux victimes.
Un homme, Michael Gallagher, dont le fils Aiden est mort lors de cet attentat, devient le porte-parole des familles.
Omagh est l'histoire d'un combat pour la vérité contre l'impunité, mené par les familles des victimes, afin d'être reconnues et entendues.

QUELQUES REPÈRES CHRONOLOGIQUES

Mettre en scène un film sur l’attentat d’Omagh n’était pas une chose facile. Pour certains, il était trop tôt, le sujet était trop sensible. Les points de vue s’opposaient, inévitablement. Mais surtout, il y avait ces questions restées en suspens : que s’était-il vraiment passé ? Aurait-on pu l’éviter ?
29 personnes ont trouvé la mort dans l’attentat d’Omagh. Ce qui fait débat, c’est la volonté, ou l’absence de volonté de la part des autorités de traduire les responsables en justice. Il existe un terrible sentiment de trahison, surtout chez les gens qui ont placé leurs espoirs dans la police et les politiques des deux côtés de la frontière. Au cours des cinq dernières années, un groupe de familles, le Groupe de soutien
et d’entraide d’Omagh, a mené une campagne patiente et résolue pour faire traduire en justice les responsables de l’attentat. Mettre les politiques et les policiers face
à leurs responsabilités et à leurs promesses.
Il y a trois ans, Paul Greengrass (réalisateur de « Bloody Sunday » et producteur d’ « OMAGH ») a contacté Michael Gallagher et le Groupe de soutien et d’entraide d’Omagh pour obtenir leur aide pour ce projet. Sans leur consentement, ce film n’aurait jamais pu aboutir.

PAUL GREENGRASS Producteur

Il y a deux évènements qui encadrent le conflit d’Irlande du Nord, le Bloody Sunday et Omagh, où tout le monde
a compris qu’il fallait que le conflit s’arrête. L’attentat d’Omagh reste le crime le plus effroyable du conflit d’Irlande du Nord. C’est un évènement d’autant plus tragique qu’il est survenu au moment où les gens commençaient à espérer que les affrontements sanglants qu’ils avaient connus toute leur vie touchaient à leur fin. La demande de justice qu’a portée le Groupe de soutien et d’entraide d’Omagh suite à cette tragédie symbolise l’espoir pour nous tous. Après mon premier film sur l’Irlande du Nord « Bloody Sunday », c’était important pour moi de conclure avec celui-ci… Le projet fut ensuite rejoint par le co-scénariste Guy Hibbert,
le réalisateur Pete Travis, le producteur Ed Guiney
(« THE MAGDALENE SISTERS »), et avec le soutien des producteurs exécutifs Greg Brenman (Tiger Aspect), Andrew Lowe (Element Films), et Arthur Lappin (Hell’s Kitchen International). J’étais conscient de la difficulté
de trouver le moment opportun pour faire un film sur un sujet aussi sensible. Naturellement, les familles veulent faire le deuil de leurs proches dans l’intimité. Mais les familles du Groupe de soutien et d’entraide d’Omagh sont dans l’arène médiatique depuis cinq ans. Elles ont fait campagne, et bientôt, elles seront au tribunal. Tout cela aura de profondes implications pour nous tous.
C’est pourquoi nous avons eu le sentiment que le moment était venu de raconter leur histoire, pour que tout le monde puisse comprendre leur combat. Durant
la réalisation d’ « OMAGH », Don Mullan (co-producteur)
a rempli le rôle crucial de liaison avec les familles des victimes. Il décrit sa première rencontre avec les familles d’Omagh comme un moment douloureux.

DON MULLAN Producteur

Les réactions des familles rencontrées ont été diverses. Celles qui s’étaient constituées parties civiles contre
les responsables de l’attentat et qui avaient assigné
en justice le gouvernement britannique et la police d’Irlande du Nord savaient que le film pourrait jouer
le rôle important ; celui d’informer le public irlandais, britannique et international de leur combat pour la justice et contre l’impunité. Tandis que pour d’autres familles, dont le souvenir était encore trop douloureux, elles ont préféré ne pas participer au film. Cela allait de celles qui étaient opposées au projet à celles qui nous ont souhaité bonne chance, mais ont préféré ne pas s’impliquer davantage, car cela leur aurait été trop pénible. Nous avons aussi consulté de nombreux responsables religieux ou issus de la société civile d’Omagh et tous nous ont fortement encouragé dans notre démarche. OMAGH, peut nous forcer à voir la fragilité du processus de paix et nous rappeler un passé dont nous espérons qu’il ne se répètera pas et c’est aussi l’histoire poignante du traumatisme d’une famille et de sa guérison.
Après les entretiens de Don Mullan, nous avons décidé qu’il y avait lieu de faire un film sur le Groupe de soutien et sa campagne. Une série d’entretiens a alors eu lieu entre le Groupe de soutien et Dyke, Guiney, Hibbert et Mullan.

PETE TRAVIS Réalisateur

Le scénario et la meilleure manière de relater les évènements ont été beaucoup discutés avec les familles, pour leur dire exactement comment elles seraient représentées. Lorsque vous représentez des personnes réelles, il faut être sensible à leur vision des évènements, être capable d’adopter leur point de vue
et des les impliquer dans le processus de création. Il
faut être prêt à raconter leur histoire aussi honnêtement que possible. Vous êtes en devoir de faire le meilleur film possible. OMAGH a été filmé, caméra épaule, sans éclairage et sans artifices à Dublin et ses alentours
dans la ville de Navan. Michael, le père d’Aiden, a été choisi comme personnage central, car il est devenu porte-parole de la campagne et que sa famille et lui
ont accepté que leur histoire soit racontée. J’ai découvert McSorley qui interprète Michael Gallagher dans le film
de Paul Greengrass « Bloody Sunday ».

MCSORLEY Comédien

Michael Gallagher a quelque chose de très particulier : une sorte de charisme tranquille et discret. Sa femme dit qu’il est capable de dire à des politiques rompus à l’art du discours des choses comme : « vous êtes sûr de ce que vous dites ? » Sa simplicité peut mettre très mal à l’aise les responsables auxquels il demande des réponses. « OMAGH » c’est l’histoire sanglante de l’Irlande du Nord du point de vue des gens ordinaires qui en sont les vraies victimes. On y voit comment ces gens refusent de se laisser abattre et forgent des relations durables au-delà des nations, des classes et des religions. Cette histoire a quelque chose d’universel.
Le Nouvel Observateur
Tout d'abord, ne pas croire qu'avec un sujet pareil
c'était gagné d'avance, il faut au contraire beaucoup
de tenue et de retenue, d'intelligence et de mesure
pour que le film fonctionne. Omagh possède tout cela [...] les quarante première minutes du film sont proprement ahurissantes [...]c'est extraordinaire, vous êtes collé à votre siège, vous savez que ce que vous êtes en train de voir, vous ne l'oublierez pas.

TéléCinéObs
Le scénariste Paul Greengrass s'attache à la reconstitution exacte des faits. La réalisation de Pete Travis, brute et directe, joue la carte du réalisme documentaire. L'effet est saisissant.

Zurban
Il n'est rien de plus casse-gueule que de se confronter
à l'actualité immédiate. Pete Travis réussit pourtant un premier film tendu, impeccable de rigueur et de dignité.

Les Inrockuptibles
Pour spectaculaire et virtuose qu'elle soit, [la première partie du film] sait éviter l'écueil de la complaisance et parvient par la force d'un montage serré et haletant, à dévoiler l'horreur tout en la maintenant à distance. La deuxième dans le registre du protocole compassionnel qui accompagne la douleur des proches ne faillit pas non plus. [...] La troisième partie d'Omagh enfin, verse délibérément dans le film-dossier, avec pour corollaire l'étiolement du cinéma au profit d’une accumulation de faits édifiants.
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