MAR ADENTRO

Réalisateur : Alejandro Amenabar
Casting :
Divers : Espagne - 2005 - 2h 05min - VOSTF
A la suite d'un accident dont il a été victime dans sa jeunesse, Ramón ne peut plus bouger que la tête. "Enfermé dans son corps", il vit depuis presque trente ans prostré dans un lit. Sa seule ouverture sur le monde est la fenêtre de sa chambre à travers laquelle il "voyage" jusqu'à la mer toute proche ; cette mer qui lui a tant donné et tout repris.
Pourtant très entouré par sa famille, Ramón n'a plus qu'un seul désir : pouvoir décider de sa propre mort et terminer sa vie dans la dignité...
Tiré d'une histoire vraie
"Mar adentro" est tiré d'une histoire vraie. Celle de Ramon Sampedro, devenu tétraplégique à la suite d'un accident, et qui s'est battu durant vingt-neuf ans pour le droit à l'euthanasie. Au terme d'une longue bataille juridique qui ne lui permit pas d'avoir gain de cause, Ramon Sampedro décida de mettre lui-même un terme à ses souffrances. Le 12 janvier 1998, grâce à l'aide de onze amis, il se donne la mort. Aucun de ses "complices" ne fut accusé, car Sampedro brouilla habilement les pistes, chacun ayant une mission secrète ne l'impliquant pas de façon certaine dans la mort de leur ami : l'un avait les clefs de son domicile, l'autre acheta le cyanure, le suivant plaça le verre sur la table de nuit, le quatrième plongea la paille et ainsi de suite jusqu'au dernier qui filma Ramon, sourire aux lèvres, quelques secondes avant sa mort.

L'émotion d'un réalisateur
Le cinéaste espagnol Alejandro Amenabar se souvient du jour où il a découvert le destin hors-du-commun de son compatriote : "J'ai lu le livre de Ramon Sampedro il y a quelques années et, peut-être parce qu'il traitait de la mort, où à cause de sa façon de s'exprimer, j'ai découvert un discours auquel j'ai vraiment accroché. J'ai fait mes recherches dans son entourage et j'ai compris que j'avais encore plus de raisons de porter cette histoire à l'écran. Que l'histoire de Ramon méritait d'être racontée."

Un film lumineux sur la mort
"Mar adentro" est un film dans lequel la mort est très présente. Mais un film également très lumineux. Alejandro Amenabar explique : "Il y avait le paradoxe de Ramon : qu'une personne si pleine de vie et qui s'entendait tellement bien avec les autres soit en quête de la mort. La mort est un thème récurrent dans mes films mais, si Les Autres était un portrait de famille vu sous un angle obscur, du point de vue de la mort, Mar adentro est une approche de la mort vue sous l'angle de la vie, du quotidien, du naturel, une approche très lumineuse."

Javier Bardem : le rôle d'une vie
Pour le réalisateur Alejandro Amenabar, choisir le comédien Javier Bardem pour incarner à l'écran Ramon Sampedro représentait un challenge très risqué. "Javier peut sembler l'acteur le plus indiqué et le moins indiqué pour faire ce film", explique-t-il. "Le moins indiqué parce qu'il n'a ni le physique ni l'âge requis pour ce rôle, et qu'il ne parlait pas galicien. Le plus indiqué parce qu'il est selon moi un monstre sacré de l'interprétation et pas l'un des meilleurs, mais bien le meilleur acteur du pays. Voilà quel était le véritable défi. (...) Il a énormément travaillé sur sa voix et sa gestuelle. Il était le plus apte à se rapprocher ainsi de la réalité parce qu'il a en lui cette magie qui sublime le texte, qui vous fait oublier que derrière tout cela il y a un scénario mémorisé par un acteur. On a l'impression qu'il improvise constamment."

L'hommage de Bardem
Javier Bardem rend un vibrant hommage à Ramon Sampedro. L'acteur avoue avoir été surpris "par le naturel avec lequel il parlait de sujets si forts : l'amour, la mort, la vie, le sexe. Il parlait avec le recul de celui qui a réflechi à tout cela pendant vingt-huit ans. En un sens, c'était un illuminé mais cela n'empêchait pas qu'il soit une personne simple qui ne faisait l'apologie de rien. C'était un marin qui avait construit cette intellectualité à force de volonté parce que, dans une situation comme la sienne, lire et écrire était très difficile. Ce mélange entre ce qui est intellectuel et construit, d'une part, et ce qui est simple et terre à terre, d'autre part, m'a paru très intéressant." Et de conclure sur sa vision du film : "C'est une histoire qui parle d'amour et de la résignation à ne pas posséder ce que nous voulons. L'histoire d'une personne dont le seul Dieu est sa conscience, ce qui rend l'homme plus libre et plus humain."

Histoire d'un voyage...
Pour le réalisateur Alejandro Amenabar, la mer, élément important du film, "communique un sentiment d'évasion. (...) L'expérience de Ramon s'apparente à une tentative d'évasion, de voyage, que l'on retrouve également dans l'expérience cinématographique."

Histoire d'un titre
Le titre "Mar adentro" est tiré du poème du même nom écrit par Ramon Sampedro, et dont la traduction littérale en français est "Au loin, au plus profond".
Ci-dessous, l'intégralité du texte rédigé par l'Espagnol :
Au loin, au plus profond
Au loin, Au plus profond
et dans l'apesanteur du fond
où se réalisent les rêves,
s'unissent deux volontés
pour accomplir un désir.
Un baiser embrase la vie
En un éclair, un coup de tonnerre,
et par une métamorphose
mon corps n'est déjà plus mon corps ;
c'est comme pénétrer au centre de l'univers.
L'étreinte la plus puérile,
et le plus pur des baisers,
jusqu'à nous voir réduits
en un unique désir.
Ton regard et mon regard
comme un écho qui se répète, sans aucune parole :
encore plus loin, au plus profond
jusqu'à l'au-delà absolu
par le sang et par les os.
Mais toujours je me réveille
et toujours, je veux être mort
pour continuer avec ma bouche
emmêlée dans tes cheveux.

Une préparation intense
Pour incarner le personnage de Ramon Sampedro, Javier Bardem dut supporter la pression de cinq heures quotidiennes de maquillage en moyenne, ainsi que les limites imposées par le handicap de son personnage : l'impossibilité de bouger et la nécessité de s'exprimer par la voix et le regard. Alejandro Amenabar : J'ai déjà dit à Javier plusieurs fois que j'allais lui faire ériger un monument. Il a été l'âme du film. (...) Il ne s'est jamais plaint de quoi que ce soit. Je voulais que les acteurs passent un bon moment pendant le tournage et Javier a largement contribué à créer cette ambiance."

Primé à Venise, aux Golden Globes et candidat à l'Oscar
"Mar adentro" a reçu deux récompenses lors de la 61e Mostra de Venise : le Lion d'Argent - Grand Prix du Jury ainsi que la Coupe Volpi de la meilleure interprétation masculine pour Javier Bardem. Il a également reçu deux récompenses aux Prix du cinéma européen 2004 : Meilleur réalisateur et meilleur acteur. Nommé quinze fois aux Goya (la grand-messe du cinéma espagnole), le long-métrage a en outre été choisi par l'Académie Cinématographique Espagnole pour représenter l'Espagne dans la catégorie Meilleur film étranger des Oscars 2005. Le 16 janvier 2005, le film remporte le Golden Globe du Meilleur film étranger.
TéléCinéObs
Sur un sujet complexe, Amenabar signe là un film d'une simplicité lumineuse, d'une justesse absolue : plus qu'un manifeste pour l'euthanasie, un requiem bouleversant.

Le Point
A priori, on y allait à reculons. Deux heures sur un homme prostré, qui ne se résigne pas à vivre ! (...) Mais, centré sur l'homme et non le juridique (...), Mar adentro est un éloge passionnant, émouvant de la fermeté, de la dignité et de la liberté. (...) Rares sont les acteurs qui, couchés, semblent immenses. (...) Rares aussi les films où la vie et la mort s'entremêlent avec une telle force.

L'Express
Une histoire vraie et un mélodrame magnifique.

aVoir-aLire.com
Javier Bardem, époustouflant, joue de son seul visage pour donner la mesure d'un personnage infiniment complexe, dans une Galice où rien ne passe par les mots. Amenábar lui, joue les équilibristes, sur le fil d'un sujet plus que sensible dont il parvient à rendre toutes les ambiguïtés, les dits et les non-dits, dans une sorte d'évidence. Du grand art.

Télérama
La mise en scène fait passer le mouvement de la vie : l'humour, et même la cocasserie, la colère parfois et aussi le désir. A l'image de Bardem, qui anime de l'intérieur, et avec son regard, son rôle de " gisant ", réussissant à lui donner plus que de la dignité : une étonnante prestance. Autour de lui, des acteurs choisis et dirigés à la perfection.

Zurban
Tout repose sur les épaules de Javier Bardem, prodigieux dans le pathétique comme dans l'humour. (...) Amenabar fait de ce film "à thèse" un mélodrame lyrique, excellant comme d'habitude à nous faire partager les tourments psychiques de son protagoniste.
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